Bateaux à moteur et pêche
1985 : Le leurre de surface débarque !
Dans les années 1980-90, la pêche en mer met le cap sur de nouvelles méthodes de pêche qui vont transformer radicalement le paysage : le lancer de leurres de surface à la canne.
Le succès du Big Big a été foudroyant. Ce leurre à hélice flottant attire de nombreux jeunes pêcheurs qui peuvent pêcher de manière dynamique. L’attaque et la touche spectaculaires du bar qui monte des profondeurs procure des sensations uniques qui s’apparentent à la pêche à la mouche en eau douce.
Cette pêche se pratique du bord et du bateau en dérive et suit naturellement l’explosion de la pêche au « Buldo » tout en s’éloignant des clichés un peu « ringards » de la pêche d’avant.
La pêche au fond aux appâts ou à la traîne traditionnelle de leurres requiert un long apprentissage aux côtés de « vieilles mains ». Mais ces bons pêcheurs que l’on appelaient « les retraités » disparaissent peu à peu sans être remplacés alors que le nautisme explose. Le canot traditionnel, les plates, les bateaux à timonerie professionnelle sont dépassés en nombre par les « open », ou les « pneus » qui ne nécessitent pas de mouillages. Les hors-bords 9,9 sont remplacés par des moteurs plus puissants permettant de faire des promenades plus lointaines, de la vitesse, du ski nautique (rarement) aussi…. mais ces rêves d’autres loisirs possibles déterminent parfois les achats de bateaux à moteur… Alors même que la pêche restera l’occupation principale pour 72% des acheteurs.
Les professionnels commencent seulement à prendre conscience de ce poids considérable et de cette première intention « pêche », bien qu’elle ne soit pas toujours clairement exprimée par l’acheteur.
La pêche est très diverse et chacun trouve son plaisir où il veut sur le bateau qu’il aime
Conséquence d’une réaction saine vis-à-vis de la surpêche et évolution naturelle, les nouveaux pêcheurs ne posent plus d’engins : filets, casiers, palangres, qui d’ailleurs seraient assez salissants pour les beaux bateaux actuels. Ils pêchent moins aux appâts qui sont difficiles à trouver, salissants et même odoriférants quand on les oublie à fond de cale…
Conséquences de la vie moderne : tout - tout de suite et le moins de contraintes possibles. !
Les pêcheurs à la canne, très minoritaires auparavant, deviennent de plus en plus nombreux : c’est facile, c’est propre, c’est amusant, c’est valorisant et cela peut être fructueux.
Rapporter un seul beau poisson à la maison fait plaisir à toute la famille et peut même faire pardonner l’achat du bateau aux yeux de l’épouse !
1995 : Explosion de la pêche aux leurres à la canne
Le nouveau pêcheur est séduit par cette nouvelle pêche. Une caricature est de s’imaginer le citadin arrivant au bord de la mer arrêtant sa voiture au parking du port et sautant dans son bateau à moteur sagement garé contre un ponton accessible à toute heure. Un tour de clef et le voilà parti sans s’embarrasser d’horaires de marée ou de courants contraires grâce à la surmotorisation, pas de délais pour se procurer des appâts, des vers à ramasser, pas de filets à nettoyer, de casiers à boëtter.
Il fait beau, la mer est maniable tout de suite en pêche pour quelques heures seulement.
Le matériel « propre »
du pêcheur moderne en bateau :
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Le matériel :
Une bonne canne dont l’encombrement et le poids diminuent régulièrement grâce aux nouveaux matériaux.
Un très bon moulinet, léger, robuste à fort ratio.
Des nylons de haute résistance ou des tresses fines permettant de longs lancers et procurant de grandes sensations.
Une panoplie de leurres chatoyants, beaux à voir et plaisants à acheter.
Une paire de lunettes polarisantes.
Une épuisette de belle taille ou une gaffe.
C’est propre, c’est beau, et sans odeurs. La pêche qui se pratique en dérive permet de jouir du silence. Seule la taille du bateau détermine le nombre de pêcheurs.
Plus il y a de leurres maniés en même temps plus les chances de succès sont grandes !
L’apprentissage rudimentaire est rapide.
Le pêcheur moderne pêche le plus souvent en chaussures bateau et porte des vêtements marins haut de gamme, adieu le ciré jaune qui gêne les mouvements.
Quelques exemples de bateaux couramment employés en pêche :
1ère ligne : canot en polyéthylène rotomoulé, pneumatique semi-rigide, coque « open »
2ème ligne : timonier, cabinier, vedette à flying bridge
Conséquence :
Le bateau du pêcheur évolue radicalement :
Près de 70% des bateaux que l’on voit sur l’eau pêchent..
Le bateau du pêcheur n’est plus uniquement un bateau de pêche mais un «
bateau pouvant servir à la pêche »
C’est vrai un bouleversement technique et sociologique !
Comme tout bateau moderne, le bateau employé en pêche doit être stable et rapide. Le « pêche-promenande » traditionnel conserve ses adeptes, mais le grand nombre cherche un bateau offrant tous les plaisirs de la mer pour la famille : promenade, baignade, ski nautique, pique-nique, excursions.
Le cliché est de se représenter madame, à l’avant, prenant le soleil pendant que monsieur, à l’arrière, lance interminablement son leurre. Les enfants jouent sur la plage.
Les constructeurs voient donc les pêcheurs d’un nouvel œil. Le choix des bateaux s’élargit de manière incroyable.
D’après une enquête de la FIN (Fédération des Industries Nautiques),
Dans la catégorie « bateaux à moteur :
- 75% des bateaux vendus sont à moteur
- 72% des propriétaires pratiquent la pêche entre autres activités.
Il en résulte que si on combine 72% des75% de bateaux à moteur + 55% des 25% restants
68% de tous les bateaux de plaisance confondus pratiquent la pêche.
Et, si on estime qu’il y a 500 000 bateaux en état de naviguer, on obtient 340 000 bateaux dont le but principal ou une des occupations favorites est la pêche : c’est considérable !
Photo Jo Rogeon
En route rapide à 40 nœuds vers le coin de pêche suivant…
(Bateau Open armé en pêche sportive ultra moderne)
 Pneumatique semi rigide puissant |
 Open polyéthylène rotomoulé |
 Open « tous loisirs » polyester |
 Open aluminium |
 Petit cabinier semi-ouvert |
 Cabinier « à la Française » |
 Walkaround à cabine |
 Timonier à poste de pilotage pro |
 Vedette de haute mer |
Tous les bateaux de cette page, ainsi que beaucoup d’autres, sont effectivement très employés pour la pêche, mais aussi pour bien d’autres activités de loisirs sportifs, familiaux ou entre copains. Mais la pêche reste quand même l’activité qui motive le plus 72% de leurs propriétaires et amène ces bateaux à naviguer beaucoup plus que d’autres.